Aller au contenu

Drapeau de la Roumanie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Drapeau de la Roumanie
Drapeau de la Roumanie.
Drapeau de la Roumanie.
Utilisation Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après
Caractéristiques
Proportions 2:3
Adoption , à nouveau le
Éléments Trois bandes verticales bleu cobalt, jaune chrome et rouge vermillon

Le drapeau de la Roumanie (roumain: drapelul României) est le pavillon national, le drapeau civil et le drapeau d'État de la Roumanie. Il est composé de trois couleurs : bleu, jaune et rouge. Il ressemble aux drapeaux de la république de Moldavie et du Tchad mais les teintes des couleurs sont différentes (par exemple, bleu de cobalt pour la Roumanie, mais bleu de Prusse pour le Tchad et bleu cyan pour la Moldavie).

Couleur Bleu Jaune Rouge
HTML #002B7F #FCD116 #CE1126
RVB 0, 43, 127 252, 209, 22 206, 17, 38
Pantone 280c 116c 186c
CMJN 100.70.0.10 0.10.95.0 0.90.80.5

Selon une opinion très répandue en Roumanie, ces couleurs seraient simplement reprises des drapeaux des trois pays historiques unifiés entre 1859 et 1918 : la Transylvanie qui présentait déjà les trois couleurs, la Valachie qui affichait le bleu et le jaune, et la Moldavie qui affichait le bleu et le rouge. En fait, c'est un peu plus complexe : le plus ancien drapeau roumain tricolore conservé date de 1834 et ses trois couleurs ont une signification remontant à la renaissance culturelle roumaine et à la révolution de 1821[1]. Initialement, elles étaient placées horizontalement. Pendant les révolutions de 1821 et de 1848, le bleu (ciel) symbolisait la liberté, le jaune d'or la prospérité (champs de blé), l'égalité et la justice, et le rouge (sang) la fraternité. Ces révolutions échouèrent, mais le tricolore devint le symbole de la volonté d'union des roumanophones de Valachie, de Moldavie, d'Autriche-Hongrie (Banat, Crișana, Marmatie, Transylvanie et Bucovine), de l'Empire ottoman (Dobrogée) et de l'Empire russe (Bessarabie).

Le drapeau roumain dans sa forme actuelle, remonte à la période 1867-1948 : il a été ré-adopté en 1989 par simple suppression des armoiries du régime communiste.

Avant 1859, il n'y avait pas de drapeau national roumain mais des drapeaux hérités du passé sur les territoires de Valachie, de Moldavie, d'Autriche-Hongrie (Banat, Crișana, Marmatie, Transylvanie et Bucovine), de l'Empire ottoman (Dobrogée) et de l'Empire russe (Bessarabie)[2],[3],[4]:

Union des territoires roumains

[modifier | modifier le code]

Lorsque Moldavie occidentale et Valachie s'unirent en 1859 sous le règne d'Alexandru Ioan Cuza pour former la Roumanie, le tricolore horizontal en devint le drapeau officiel[7].

Durant la première année du règne de Carol Ier (1866), les couleurs restèrent horizontales ; en 1867 elles furent placées verticalement, le bleu près de la hampe, pour satisfaire à la francophilie de l'opinion roumaine à l'époque[8].

Au cours des années 1918-1947 (« royaume de la « Grande Roumanie »), le drapeau de la Roumanie en grande version porte au centre les armoiries royales et le monogramme royal du souverain régnant aux quatre coins. Cette grande version a été utilisée jusqu'au coup d'État qui inaugure le régime communiste de Roumanie le . Après l'abolition de la monarchie et la proclamation de la République populaire roumaine le , de nouvelles armoiries communistes seront utilisées.

Régime communiste

[modifier | modifier le code]

En 1948, le régime communiste ajoute au centre du drapeaux ses armoiries, qui sont modifiées à trois reprises: quelques mois plus tard au cours de la même année lorsqu'un emblème définitif est adopté, puis en 1952 où une étoile rouge à cinq branches est ajoutée et finalement en 1965, à l'occasion du renommage de la république populaire roumaine en république socialiste.

Époque actuelle

[modifier | modifier le code]

Les manifestants de la révolution roumaine de 1989 découpent ces armoiries, amenant le gouvernement du Front de salut national constitué lors de la chute du président Ceaușescu à revenir, le , au tricolore sans armoiries d'avant 1948. Ce faisant, la Roumanie se trouva avoir (à la nuance du bleu près) presque le même drapeau que le Tchad qui avait adopté son tricolore lors de son indépendance en 1960.

Le drapeau de 1867, réadopté en 1989, est officiellement régi par la loi no 75 promulguée par le gouvernement roumain le [9].

Drapeaux similaires

[modifier | modifier le code]

Le drapeau roumain est proche des drapeaux d'Andorre, de Moldavie et du Tchad. Les couleurs et les proportions sont semblables mais non identiques. Il faut l'œil avisé d'un vexillologue pour réussir à distinguer les drapeaux tchadien et roumain.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Paris, Fayard, , 573 p. (ISBN 2-213-59425-2, BNF 35796518, présentation en ligne).
  2. (sv) Jean Ranele, « Bergshammarvappenboken (Armorial Bergshammar, 1435) », Mideltidsheraldisk studie, Lund (Suède),‎
  3. a et b (ro) Dan Cernovodeanu, Știința și arta heraldică în România, Editura Științifică și Enciclopedică, (lire en ligne).
  4. a b et c (ro) Grigore Jitaru, Contribuții la istoricul blazonului Basarabilor, t. I, Chișinău, Anuarul Muzeului de Istorie a Moldovei, , p. 27-36.
  5. Ciro Spontone, La Metoposcopia (1625)
  6. Source : Hugo Gerard Ströhl, (de) Österreichisch-Ungarische Wappenrolle: die Wappen ihrer K.u.k. Majestäten, die Wappen der durchlauchtigsten Herren Erzherzoge, die Staatswappen von Oesterreich und Ungarn, die Wappen der Kronländer und der ungarischen Comitate, die Flaggen, Fahnen und Cocarden beider Reichshälften, sowie das Wappen des souverainen Fürstenthumes Liechtenstein, Vienna 1890.
  7. Issue de la renaissance culturelle roumaine, la Roumanie, qui n'a aucune revendication territoriale, regroupe des régions historiques européennes qu'elle partage, pour certaines, avec ses voisins : cf. Nicolae Iorga, Histoire des Roumains et de la romanité orientale, Université de Bucarest, 1945. Les trois « pays » traditionnels (țări en roumain) de Transylvanie, de Moldavie et de Valachie sont considérés par les roumains comme formant leur « foyer ancestral » (vatra strămoşească) mais l'adjectif românești employé pour ces régions, signifie seulement que des populations roumanophones y vivaient, et non qu'elles les gouvernaient, ni qu'il s'agissait d'« États roumains » au sens national moderne du terme, ni que la Roumanie moderne aurait sur elles des « visées irrédentistes » comme l'affirment les nationalistes : cf. Constantin C. Giurescu, (ro) Probleme controversate în istoriografia română (« Problèmes controversés dans l'historiographie roumaine »), éd. Albatros, Bucarest 1977. En effet l'idéologie nationaliste considère qu'une province historique ne peut pas appartenir à plusieurs pays modernes mais doit s'encadrer dans les frontières actuelles d'un seul, soumettant ainsi l'histoire à la géographie actuelle, alors que le passé n'appartient à aucun État moderne exclusivement mais est un héritage collectif, partagé entre plusieurs pays : cf. Alexandru Avram, Mircea Babeş, Lucian Badea, Mircea Petrescu-Dîmboviţa and Alexandru Vulpe (dir.), (ro) Istoria românilor: moştenirea timpurilor îndepărtate (« Histoire des Roumains : l'héritage des temps anciens ») vol. 1, ed. Enciclopedică, Bucarest 2001 (ISBN 973-45-0382-0) ; Stelian Brezeanu, Romanitatea Orientalǎ în Evul Mediu (« La Romanité orientale au Moyen Âge »), éd. All Educational, Bucarest 1999, p. 229-246. Du point de vue des nationalismes austro-hongrois ou russe, l'adjectif românești signifie « revendiqué par la Roumanie » et il est anachronique car « les Roumains n'ont pas d'histoire avant 1856 » : il ne peut donc pas y avoir d'« héritage historique commun » (par exemple la Hongrie et la Roumanie se partageant des régions historiques comme le Banat ou le Körösvidék-Crișana). C'est pourquoi les nationalistes mènent une guerre d'édition pour enlever, partout où ils le peuvent, les cartes des provinces historiques de Roumanie : [1], ici [2] et ici [3]). Ces idées ne concernent pas seulement la Roumanie : il existe des points de vue qui affirment que les Italiens n'existaient pas avant le Risorgimento puisque c'est celui-ci qui a créé la conscience d'être Italiens, et donc que « les Italiens n'ont pas d'histoire avant 1870 » : cf. Ernest Gellner, Nations et nationalismes, Payot 1989, [4].
  8. Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard, .
  9. (ro) « LEGE nr.75 din 16 iulie 1994 privind arborarea drapelului României, intonarea imnului naţional şi folosirea sigiliilor cu stema României de către autorităţile şi instituţiile publice », sur www.cdep.ro (consulté le )

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :